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Le nouveau livre des éditions Tupilak-Les Méandres Un nouveau recueil de nouvelles d’Emmanuel Ratouis qui décrit la face cachée du milieu si étrange des grimpeurs de Fontainebleau. Des passionnés jusqu’au-boutistes aux artistes déjantés en passant par des créatures de rêve, entre humour et dérision, l’auteur dresse le portrait de ce microcosme aussi déroutant qu’attachant.
Atouts A partir du récit d’une trentaine d’histoires iconoclastes, l’auteur nous décrit avec humour le milieu souvent surréaliste de l’escalade bleausarde. La forêt de Fontainebleau est connue et appréciée dans le monde entier comme un site d’escalade exceptionnel. De nombreux grimpeurs de tous les pays y viennent en pèlerinage comme d’autres se dirigent vers la Mecque. L’auteur qui a fréquenté l’élite bleausarde durant des lustres nous en livre sa face cachée avec tendresse. Résumé Du côté de la forêt de Fontainebleau, dans le microcosme des grimpeurs de blocs, c’est soudain l’effervescence. Un nouveau massif vient d’être découvert : les « Gaux de Michais ». Chacun essaye alors d’y imprimer sa marque. Les candidats se précipitent sur place pour ouvrir de nouvelles voies. Aux Gaux, c’est l’affluence. D’autant qu’une créature de toute beauté prénommée Kikoya s’y rend régulièrement, elle aussi. De Jean-Bernard, l’homme au transat à Jackychan, Bob que l’on pourrait confondre avec Claude François en passant par Merlu, le beau gosse musclé à souhait, qui l’emportera ? Qui saura faire chavirer le coeur de Kikoya ? Dans une ambiance souvent surréaliste, le suspens montera jusqu’au dénouement final inattendu… L’auteur Issu de la ville, Emmanuel Ratouis, moniteur d’escalade et guide de haute montagne, est venu à l’alpinisme par l’escalade en bloc et le ski extrême. Grimpeur de haut niveau, il a côtoyé durant des années l’élite de l’escalade bleausarde. Il a participé à la réalisation de plusieurs topos d’escalade sur la forêt de Fontainebleau. Dans les années 90, il y a ouvert de nombreuses voies ainsi qu’un circuit de haute difficulté qui reste aujourd’hui l’un des plus exigeants de la forêt. Il partage aujourd’hui sa vie entre les voyages, son métier de guide de haute montagne, l’écriture et l’analyse transgénérationnelle. Extrait Samedi 8 juin 1945. Place de la Bastille au petit matin… Une bande de joyeux drilles venait de prendre place dans la Traction avant de Jean-Brut de Glamour qui n’était autre que le président du Gaux academic club, le plus prestigieux des cercles de grimpeurs de la forêt de Fontainebleau. L’ambiance était au beau fixe. Il régnait dans ce petit groupe un air de fête. Il faut dire que la capitale baignait encore dans une atmosphère de liesse générale propre à ces périodes de post-armistice. A Paris, après cinq longues années d’étouffement plus ou moins organisé, on respirait enfin par grandes inspirations de nouvelles bouffées d’air libre. Même les cigarettes fleuraient bon la liberté. Le cancer du poumon semblait aussi improbable et lointain que les ruines de Berlin. Il y avait là pêle-mêle, entassés dans la berline, Raymond Cadillac (le fils de l’illustre et malheureux Blaise Cadillac mort écrasé par la chute d’un rocher sur son bivouac), Maud Hitblues, une superbe blonde pulpeuse à souhait, mais grimpeuse moyenne en vérité car sa poitrine légèrement surdéveloppée l’empêchait à son grand dam d’observer les déplacements de ses pointes de pied, Basile Vautour, l’un des meilleurs rochassiers du moment surnommé « L’aigle noir » du fait de ses facilités à survoler les escalades des Gaux, Hugolin II de Ledzeppelin, le fils du célèbre Hugolin de Ledzeppelin mort en héros à Verdun et auteur à l’aide de ses fameux tricounis de la première ascension de la fissure Ledzeppelin, Mercedes Benz, une belle brune plutôt bien proportionnée et particulièrement souple de l’entrejambe, fille du professeur Benz, grand spécialiste des questions d’adhérence en milieux fermés, Lancelot Dubreuil, jeune grimpeur prometteur qui grâce à son physique ambigu du sexe opposé disposait d’un excellent rapport poids-puissance, et enfin, bien entendu, Jean-Brut de Glamour lui-même, chauffeur et propriétaire de la berline qui faisait route vers la forêt. |