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100 histoires pour mieux comprendre
l’inconscient familial qui nous gouverne

Développement personnel, psychogénéalogie


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Comprendre enfin quelles histoires transmises dans la généalogie à travers l’inconscient familial peuvent conduire à l’incapacité de faire un enfant, à la répétition d’une problématique d’abandon, au « choix » d’un métier ou d’un partenaire, à la perpétuation d’un deuil non fait, au viol, à l’infanticide… Comment ce même inconscient familial décide-t-il de fabriquer des médecins, les sages-femmes, des croque-morts ou des champions ?

A travers l’exploration attentive des traumatismes et des événements puissants vécus par nos ancêtres, nous découvrons de nouveaux éclairages sur le sens de nos trajectoires de vie. La dimension transgénérationnelle offre ainsi une vision nouvelle du fonctionnement de notre inconscient.

Mais attention, du même coup, sa lecture n’est pas neutre. Elle risque fort de changer à jamais notre vision des choses, pouvant entraîner des modifications de nos « choix de vie ». Il ne faut donc surtout pas s’y engager par pure curiosité. Il ne faut y aller qu’animé par l’envie de comprendre, et surtout prêt à toutes les révolutions intérieures.

Pour ma part, je m’y suis rendu, parce qu’après vingt années de prises de risques ultimes, il m’a été donné de comprendre que mon chemin de vie m’envoyait tout droit vers une mort violente ! Ainsi, grâce à mes prises de conscience, j’ai pu inverser le cours des choses.

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Atouts

fruit des dix années d’expérience de l’auteur dans l’étude des différents modes de fonctionnement de l’inconscient familial, l’ouvrage se veut particulièrement vivant.

Le livre contient une centaine d’histoires choisies pour leur intérêt pédagogique.

Un ouvrage vraiment essentiel où chacun, à un moment clef de son existence, pourra venir puiser de nombreuses sources de compréhension pour mieux appréhender et le cas échéant modifier sa trajectoire de vie  afin d’emprunter à l’avenir une direction plus épanouissante.

Résumé

Après une présentation des principaux outils de l’analyse transgénérationnelle (loyautés familiales invisibles issues de nos dettes inconscientes respectives, deuils non faits, syndromes d’anniversaire, transmissions mère-enfant durant la gestation, symbolique des prénoms, symbolique des métiers), le livre évoque dans une deuxième partie la symbolique du corps et des maladies. Comment nos « mal-à-dits » expriment plus souvent qu’on ne le croit nos non-dits !

Privilégiant les cas réels, il montre clairement à quel point le vécu des ancêtres avec qui nous sommes en lien est déterminant dans ce que l’existence nous conduit à expérimenter. Ainsi, de manière concrète, il propose une vision nouvelle, claire et humaniste des mécanismes de l’inconscient familial qui gouverne nos vies à notre insu.

Extraits choisis : 

A mes parents, mes proches, et l’ensemble de mes ancêtres.

Merci à eux de m’avoir transmis la faculté de me détacher de ma programmation initiale.


A Michel Charruyer, pour tout ce qu’il m’a transmis de son savoir...

Merci à Mathieu Corsaletti,

A Monsieur Jodorowsky pour sa capacité à donner sans compter,

A Antoine-Alexis Cadet de Vaux, ancêtre de ma famille, philanthrope méconnu, qui lutta toute sa vie pour limiter les risques de disette et améliorer la vie de ses concitoyens. En 1777, il créa le premier journal quotidien de la capitale en vue d’informer les Parisiens des progrès de la science. Avec Parmentier, il lutta contre l’opinion générale pour introduire la pomme de terre en France. Ensemble, ils créèrent également la première école de boulangerie. Durant la Terreur, ayant poussé à la culture du tubercule contesté dans des champs parisiens, il fut accusé d’avoir voulu affamer le peuple. Il n’eut la vie sauve que parce qu’on l’avertit de son arrestation imminente… C’est ainsi qu’il fut remercié de sa philanthropie !

A Antoine Vallot, autre ancêtre de ma famille, médecin personnel de Louis XIV, issu de l’école de Montpellier, qui dût se battre pendant plus de vingt ans contre les grands pontes installés de la  faculté de la Sorbonne à Paris pour leur faire admettre les limites et les erreurs de leur médecine basée principalement sur les saignées et la croyance en une circulation du sang à partir de deux forces centrifuges issues du coeur et du foie. Les choses sont-elles vraiment différentes aujourd’hui ? Bien que toute puissante, la médecine allopathique aux mains des laboratoires pharmaceutiques a-t-elle toujours raison ? Son hégémonie ne l’empêche-t-elle pas d’opérer les remises en questions parfois si nécessaires aux véritables progrès ?

Aux alchimistes, aux botanistes, aux homéopathes et à tous les médecins humanistes qui ont compris l’importance des histoires familiales dans les manifestés de leurs patients,

A Galilée, à Semmelweis et à tous ceux qui ont su résister aux lobbies et ne pas se fier nécessairement aux idées dominantes de leurs temps...
 
« Lorsqu’une jument s’est accouplée avec un âne, et a mis au monde un mulet, si plus tard elle est fécondée par un étalon, le cheval qu’elle met bas cette fois a quelques traits de ressemblance avec l’âne. De même dans l’espèce humaine, nous voyons quelquefois les enfants d’un second lit ressembler au premier époux, mort depuis longtemps, et avoir plus de rapport avec lui, même au « moral », qu’avec leur propre père.

Quand nous voyons un enfant ressembler à son père ou à sa mère, le fait nous paraît simple, soit parce qu’il est fréquent, soit parce que nous trouvons très naturel que le semblable produise le semblable. Mais quand nous voyons l’arrière-petit-fils ressembler à son bisaïeul ou le petit neveu à son grand-oncle, et entre eux aucun intermédiaire qui explique la ressemblance, ce cas d’hérédité nous paraît si bizarre que beaucoup l’ont rejeté. Ce serait donc un grand point, si nous parvenions à montrer que cette hérédité « médiate » rentre dans l’autre.

C’est finalement l’hypothèse des caractères latents qui donne une explication plausible et simple de tous les phénomènes de retour, en ligne directe ou collatérale. La loi de l’hérédité, c’est la « transmission absolue ». Contre tous les obstacles qui tendent à l’affaiblir ou à l’anéantir, elle lutte sans trêve ni relâche, perdant sur la route beaucoup de forces, s’éparpillant pour ainsi dire jusqu’à faire croire qu’elle n’est plus. Et pourtant, quand nous voyons les mêmes caractères reparaître quelquefois après dix générations (chez certains animaux), rien n’est plus propre à faire réfléchir. On peut dire que l’hérédité vérifie à sa manière l’axiome : rien ne se perd. »

L’hérédité, ses lois, ses causes, ses conséquences

Théodule Ribot, 1873







 
PARTIE 1
Qu’est-ce que la psychogénéalogie ?

Sommes-nous si libres de nos choix que cela ?

« Pour que naisse un poulet, la poule doit donner des coups de bec sur la coquille de l’oeuf de l’extérieur, tandis que le poussin les donne de l’intérieur. »

Ejo Takata

…………..


7) Je ne dépasserai pas 42 ans

Jean a toujours considéré qu’il mourrait à 42 ans. Il ne s’en est jamais caché car dans sa famille, disait-il, les hommes ne dépassent pas cet âge-là ! Jean est effectivement mort à cet âge-là au cours d’une ascension en montagne. Un an plus tard, c’est sa femme, Christelle, qui est venue me raconter son histoire :

15 ans plus tôt, lorsqu’ils s’étaient rencontrés, il le lui avait déjà dit. Pourtant, Christelle n’avait pas renoncé ! Ensemble, après s’être mariés, ils avaient même décidé de ne faire qu’un seul enfant pour qu’au cas où ça se produise, elle puisse s’en sortir financièrement. En effet, Christelle ne disposait pas d’un salaire important. Le métier de Jean n’était pas sans danger. Il était guide de haute-montagne. Deux ans avant sa mort, il s’était mis à pratiquer l’alpinisme en prenant de plus en plus de risques. Il s’était lancé dans des ascensions solitaires notamment, chose qu’il n’avait jamais expérimenté jusque-là. Inconsciemment, les choses se mettaient en place.

Je passe sur les circonstances de son accident qui montrent pour les connaisseurs un effort assez conséquent en direction de prises de risques parfaitement inutiles. Ce qui m’intéresse dans cette histoire, ce sont évidemment les enseignements que l’on peut en tirer : d’abord, il me faut préciser qu’en remontant l’arbre de Jean, j’ai trouvé des hommes qui étaient morts jeunes, plutôt dans la quarantaine mais pas spécifiquement à 42 ans.  Seul son père avait succombé à 42 ans à une rupture d’anévrisme. Même s’il faut être très prudent, dans la symbolique, ce type d’accident peut être lié à une mort exigée par le clan familial. Exemple : un jeune homme meurt à 22 ans d’une rupture d’anévrisme. Il venait d’annoncer son homosexualité à ses parents. Son père, n’ayant pas supporté la nouvelle, ne souhaitait plus jamais entendre parler de lui. En mourant dans ces circonstances, ce jeune homme « satisfait » l’exigence de ses géniteurs.

Pour en revenir à Jean, une chose est sûre : l’inconscient familial dont il est le dépositaire a retenu qu’il ne fallait absolument pas dépasser ce fameux âge de 42 ans. Et même si ça ne correspond pas à l’exacte réalité de son arbre, c’est cela qui sera déterminant pour lui ! C’est pourquoi tout s’est parfaitement mis en place dans ce sens. En analysant les choses plus précisément, on peut prétendre qu’il s’agit d’un auto-conditionnement organisé par Jean lui même, suite à une croyance devenue dogme dans son esprit. On peut aussi avancer qu’il s’agit du poids d’une faute qui pèse sur ses épaules comme dans le cas de Jean et Violaine raconté plus haut page…. Cette faute le conduirait à se donner tragiquement les moyens de disparaître à « l’âge souhaité ». J’avoue que deux éléments de réponses me feraient plutôt pencher vers cette hypothèse : d’abord Christelle a refait sa vie avec un homme dont le prénom correspond parfaitement à la problématique de « l’homme qui doit mourir » et qui se trouve lui même engagé régulièrement dans des prises de risque extrêmes. Ensuite, ayant décidé en connaissance de cause de ne faire qu’un seul enfant avec Jean du fait qu’il risquait de mourir jeune, cela montre qu’inconsciemment, elle était d’accord avec la perspective que l’homme meure jeune. Ainsi, il ne pourra plus commettre la même vilenie. Qu’ont accompli certains hommes dans l’arbre généalogique de Christelle ?

J’ai maintenant collecté suffisamment d’histoires qui vont dans la même direction pour être persuadé que quand l’indicible, l’impensable, l’innommable a été commis par un homme, l’un au moins de ses successeurs dans les fratries à venir récupèrera cette mémoire pour le pire, à savoir : soit risquer de commettre la même chose, soit tenter de disparaître avant l’âge fatidique. Ces histoires me paraissent à chaque fois vertigineuses. Je ne m’y fais pas. Qu’y-a-t-il de pire en effet que de dilapider sa vie au nom d’une faute commise 60 ou 80 ans plus tôt par un ancêtre qu’on n’a pas même connu ?


8) Patrick et sa dépression récurrente

Patrick est déprimé pour ne pas dire plus. Des idées noires lui trottent dans la tête depuis plusieurs semaines. Il se décide à venir me voir comme l’année dernière à la même période. Nous sommes au mois de novembre. Je lui demande comment s’est passée l’année dernière. Sans hésitation, il me dit que petit à petit, ça a été de mieux en mieux surtout à partir de janvier. Il a l’impression que c’est tous les ans un peu pareil. Une espèce de vide intérieur se créée durant l’automne. Il grandit jusqu’en novembre puis diminue par la suite. Je lui demande : « tu ne souffrirais pas par hasard du syndrome de Raynaud ? »

« Si, comment, tu le sais ? »

« J’ai juste repensé à ton histoire… »

Patrick a de toute évidence hérité d’une problématique de deuil non fait. C’est là-dessus que nous devons travailler !

Inconsciemment, étant en lien avec l’un de ses ancêtres probablement mort en décembre, Patrick traverse une mauvaise passe à chaque fois qu’il doit passer ce cap émotionnellement chargé de la fin d’année. C’est la même histoire à des degrés de stress différents pour d’innombrables personnes ayant récupéré des mémoires de deuil non fait. D’où l’intérêt pour elles d’agir afin de s’en délivrer et d’interrompre ainsi la cascade des transmissions négatives.


9) Mon oncle et moi

Chloé est venue me voir il y a plusieurs années. Le travail sur son arbre fut lent mais sans temps mort. Petit à petit, l’essentiel émergea à un rythme régulier. Beaucoup de signes l’envoyaient vers sa grand-mère paternelle, Yvette, et son premier fils, Jean-Philippe, né hors mariage dans un contexte de scandale immense. D’une manière générale, il émergeait dans chacune des branches de l’arbre des problématiques répétées d’abandon liées aux stress vécus par des filles-mères. Ayant été rejetée par le père de Jean-Philippe, Yvette s’était résolue à épouser Roger avec qui elle eut plusieurs enfants dont le père de Chloé. Il y eut bien entendu des conflits entre les enfants qui ressortirent notamment lors des héritages. Ces tensions se retrouvèrent jusqu’au cimetière puisque pour certains, il n’était pas question que le corps de Jean-Philippe, par qui la honte était descendue sur la famille, puisse se retrouver dans le caveau familial.

Jean-Philippe qui avait posé un énorme problème à ses parents en venant au monde « choisit » de disparaître de manière tragique : gérant d’un bar, il venait d’avoir affaire à un contrôleur de l’Urssaf qui l’avait menacé d’un important redressement. N’étant pas dans une situation financière facile et se trouvant par ailleurs confiné, coincé dans un puissant conflit au père, donc à l’autorité, Jean-Philippe alla trouver ce contrôleur et menaça de s’asperger d’essence et de s’immoler par le feu s’il persévérait. Essuyant une fin de non recevoir, il revînt quelques jours plus tard, s’aspergea d’essence, alluma son briquet et mit ainsi fin à ses jours devant lui. Ce qu’il faut souligner, c’est que moins d’un mois plus tôt, Jean-Philippe avait retrouvé son père biologique après des années de recherches. Plein d’espoir, il était allé le trouver. Et ce dernier l’avait éconduit sans le moindre ménagement en le traitant de « sale bâtard ! » Le refus du contrôleur de l’Urssaf de reconnaître la difficulté de sa situation, fut le refus de trop. Face à l’attitude de ce père symbolique, c’est comme s’il devait endurer une deuxième fois la blessure de rejet paternel.

Comme on l’a vu dans d’autres histoires, Jean-Philippe qui était né avec un projet sens très défavorable, son père ayant désiré sa mort, n’a fait que suivre son « programme » à la lettre. Ainsi, il avait remboursé sa dette à ses parents. « Vous ne vouliez pas de moi, je sais que je vous ai pourri la vie, ne vous inquiétez pas, je vais disparaître… »

Parmi les traces que cette histoire a laissées dans la vie de Chloé, on peut citer celles-ci : lorsqu’elle tomba enceinte la première fois, c’était au travers d’une relation d’amour partagée. Tout allait pour le mieux. Mais, très vite, les choses s’inversèrent dans son esprit. Prise d’une panique soudaine, sans même en parler à son compagnon, elle se décida à avorter, ce qu’elle fit dans les plus brefs délais. Cette attitude est un possible héritage du stress qu’Yvette avait ressenti elle-même lorsqu’elle comprit que son amant préférait s’éclipser et la laisser toute seule avec son « problème » ! Des années plus tard, Chloé ne parvenait pas à s’expliquer ce comportement qui mit fin à sa relation avec le premier amour de sa vie. Lorsqu’elle se maria par la suite et tomba enceinte à nouveau, les choses s’organisèrent « magiquement » pour qu’elle s’installe dans l’appartement de son oncle Jean-Philippe. Elle alla même jusqu’à accoucher dans la clinique où il était mort dans d’atroces souffrances, deux jours après s’être immolé. De plus, les choses, décidément parfaitement organisées, se déroulèrent à nouveau à merveille puisqu’elle accoucha d’une fille, Noémie, 10 ans et 4 jours très exactement après le décès tragique de Jean-Philippe. Dans le système familial, Jean-Philippe, l’enfant sacrifié, devait être ramené à la vie. Son deuil n’avait pas pu être fait, notamment par Yvette. La mission de Chloé, et maintenant celle de Noémie, consistait à le ramener au cœur du système familial. Avec cette prise de conscience, il était évident qu’un travail de libération de cette mémoire devait être entrepris au plus tôt. Ainsi, un éventuel syndrome d’anniversaire et bien d’autres formes de répétitions pourraient sans doute être évitées !

J’ajoute au passage que Chloé m’ayant signalé que sa sœur, Daphné, avait toujours souffert du syndrome de Raynaud, nous avons cherché d’où il pouvait bien provenir. Balayant l’arbre, je lui dis de réfléchir à quelqu’un qui serait mort de manière injuste, violente et prématurée… Hormis Jean-Philippe, elle ne voyait pas. Puis son visage s’éclaira : « Le frère de ma mère est mort assassiné. C’était un sujet tabou, parce qu’il était un peu considéré comme un voyou. Il baignait dans des trafics de drogue… » En observant les dates, on eut tôt fait de constater qu’au moment où cet oncle fut assassiné, la mère de Chloé était comme par hasard enceinte de sa sœur Daphné ! Les choses étaient donc parfaitement claires. S’agissant d’un deuil particulièrement difficile à vivre alors qu’elle était enceinte, la transmission se fit de cerveau à cerveau. Et dès son plus jeune âge, Daphné manifesta les symptômes du syndrome de Raynaud. Chloé m’affirma pourtant que du fait du caractère louche des activités de son frère, sa mère ne se sentait pas vraiment proche de lui et qu’elle n’en parlait jamais ! Je lui dis que s’agissant d’un frère, le stress de cette maman enceinte avait forcément été énorme et que ses colères, fussent-elles énormes contre lui, ne l’avaient certainement pas empêchée de ressentir une peine ingérable. C’est cette peine non dite qu’à travers sa « mal-à-dit », Daphné exprimait aujourd’hui. Aux dernières nouvelles, malgré la soit-disant indifférence affichée par la maman de Chloé, j’ai appris qu’elle avait finalement accepté de se rendre au cimetière avec sa fille pour visiter la tombe de ce frère assassiné. Les manifestés ont été puissants. J’ai bon espoir que de ce côté-là, les choses s’améliorent nettement et que le deuil jusque-là congelé, puisse enfin s’opérer ! L’intérêt de la psychogénéalogie ne consiste pas à ressortir les histoires pour le plaisir de les ressortir. Il consiste à mettre à jour celles qui touchent le consultant, le freinent dans sa vie, l’empêchent de s’épanouir afin de l’en libérer à jamais, sachant qu’inévitablement, d’autres membres de son clan bénéficieront un jour ou l’autre de cette libération, ceux-là même qui auraient pu en pâtir plus tard, si cette tentative de libération était restée lettre morte !


10) Une cicatrice extraordinairement bien placée

Un homme a une ancienne et vilaine cicatrice sur la cuisse gauche. Son aspect est boursouflé. Contrairement à tout ce qui lui est arrivé jusque là, cette blessure n’a jamais bien cicatrisé. Il explique à une amie masseuse qu’en réalité, au départ, il avait à cet endroit un kyste graisseux qu’on avait fini par lui retirer. Trop douloureux par moments, il avait fini par se décider à se faire opérer. C’était 5 ans plus tôt. Seulement depuis, la cicatrice ne s’est jamais refermée et elle lui fait toujours mal. A tel point du reste, qu’il ne supporte aucun contact à cet endroit. Au fil de la discussion, il s'est rendu compte qu'elle « se réveillait » toujours à la même période de l'année : autour du 2 février, date également à laquelle il s'était précisément fait opéré ! Et en creusant encore un peu... Date à laquelle, comme par hasard, son grand père paternel est mort !

« Et de quoi est-il mort ce grand-père ? »

« Eh bien effectivement d'une blessure par balle dans la cuisse gauche (le projectile avait atteint son artère fémorale) »... Avant le massage, il n'avait jamais fait le lien !!! Depuis mon amie m’a confié que sa cicatrice est nettement moins sensible ! Il lui donne du sens, la touche, lui parle !

C’est limpide et ça ne s’invente pas. Cette histoire me fait penser à tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont développé des polyartrites à la main droite très précisément au même âge qu’avait leur père ou un de leurs grand-pères lorsqu’il fut désigné par un terrible tirage au sort pour aller égorger les blessés du camp adverse dans le no man’s land d’entre les tranchées durant la guerre de 14/18. La solution parfaite qu’a trouvé le cerveau automatique pour ne plus jamais être confronté à un stress aussi puissant, consiste à ne plus pouvoir se servir de sa main droite ! Ainsi, je ne pourrais être désigné ! Ainsi, je ne pourrais les égorger ! On peut également se rapporter à l’histoire n°2311 dans la partie consacrée aux maladies qui donne une autre lecture de ce genre de réponse programmée par le cerveau automatique…

En tout cas, comment peut-on imaginer une seule seconde que, portant parfois sur notre corps les traces de certains stress vécus physiquement par nos ancêtres, nous ne porterions pas également les conséquences psychologiques de leurs plus grands stress ?

Pour conclure sur ce chapitre, avec mon expérience, je dirai au sujet des syndromes d’anniversaire (notamment concernant les accidents), que j’ai acquis la conviction que la simple prise de conscience du phénomène peut permettre de désamorcer les répétitions, l’idéal étant bien entendu de parvenir à décrypter totalement l’origine du traumatisme familial, lui-même parfois à l’origine de la funeste cascade d’évènements plus ou moins dramatiques.

J’ajouterai enfin que les sages-femmes sensibilisées à la psychogénéalogie constatent régulièrement comment les femmes dont elles s’occupent parviennent à s’arranger pour accélérer ou retarder leur accouchement afin de faire coïncider la future naissance avec la date de mort ou de naissance d’un ancêtre important de l’arbre !
 



 Méditation


On n’invente rien. L’intuition de la réalité du concept de syndrome d’anniversaire remonte à plusieurs siècles. Voici deux extraits de textes pour nous en convaincre.

« J’ai vu presque de mes yeux un suicide qui mérite l’attention des physiciens. Un homme d’une profession sérieuse, d’un âge mûr, d’une conduite régulière, n’ayant pas de passions, étant au-dessus de l’indigence, s’est tué le 17 octobre 1769 et a laissé au conseil de la ville où il était né l’apologie par écrit de sa mort volontaire, laquelle on n’a pas jugé utile de publier, de peur d’encourager les hommes à quitter une vie dont on dit tant de mal. Jusque-là il n’y a rien d’extraordinaire. On voit partout de tels exemples. Voici l’étonnant : son frère et son père s’étaient tués au même âge que lui. Quelle disposition secrète d’esprit, quelle sympathie, quel concours de lois physiques fait périr le père et les deux enfants de leur propre main et du même genre de mort, précisément quand ils ont atteint la même année ? »

Voltaire

« Ce point qui étonne Voltaire, l’hérédité du suicide à un âge précis, a été remarqué bien des fois. Un monomaniaque, dit Moreau de Tours, se donne la mort à 30 ans ; son fils arrive à peine à 30 ans qu’il est atteint de monomanie et fait deux tentatives de suicide… Un dégustateur qui s’est trompé sur la qualité d’un vin, désespéré, se jette à l’eau. Il est sauvé. Mais plus tard, il accomplit son dessein. Le médecin qui avait soigné ce nouveau Vattel, apprit que son père et un de ses frères s’étaient suicidés au même âge et de la même manière. »

extrait de L’hérédité de Théodule Ribot paru en 1873
 



3) Le projet sens

« Il y a chez l’enfant qui naît, un impact de l’inconscient de ses parents sur celui de l’embryon au moment de sa conception, ou qui marque le fœtus au moment de sa conception. »

Françoise Dolto


Chez les gitans, lorsque le meilleur musicien d’un instrument se sent vieillir, ils réfléchissent à qui confier la mission. Et pendant les six dernières semaines de la grossesse d’une des femmes enceintes, ce musicien vient jouer avec son instrument tous les jours pour le fœtus, et puis encore tous les jours durant les quelques semaines qui suivent sa naissance. Il vient jouer ses meilleurs morceaux. Les choses sont laissées comme ça en friche. Ils sont certains que cet enfant-là voudra prendre cet instrument-là en grandissant lorsqu’il sera en âge de s’exprimer. Car c’est toujours ainsi que cela se passe. La graine ainsi semée n’a plus qu’à germer. Il n’y a plus vraiment besoin d’en parler ! Les mots sont même devenus inutiles…

On voit bien à travers cet exemple, cet autre aspect fondamental de la psychogénéalogie, à savoir l’étude du projet sens d’un individu pour mieux cerner sa trajectoire de vie. Cela consiste en  l’analyse approfondie du contexte familial durant les neufs mois précédant la conception, la gestation et les 9 mois suivant la naissance d’un enfant. Ce dernier est toujours issu d’une forme de projet parental inconscient. Il s’agit d’étudier précisément tous les évènements positifs et/ou négatifs quels qu’ils soient durant toute cette période : un succès, une promotion, un déménagement, une faillite, un drame, un décès, une maladie, un divorce, un mariage, une guerre, une condamnation, une hospitalisation ou tout autre fait marquant spécifique à son propre clan.

Les ressentis des parents, surtout de la mère, face à ces évènements s’impriment directement dans le cerveau et le corps de l’enfant à naître. Très souvent, quelques phrases résumant ces ressentis parentaux durant les moments forts de la gestation suffisent à définir tout un pan de la personnalité ou un symptôme précis porté par un enfant !

Par exemple, les parents sont tous deux étudiants. Il est essentiel pour eux, et notamment pour la mère de terminer ses études. « Manque de chance », elle tombe enceinte. Elle se décidera à poursuivre sa formation coûte que coûte en dépit des exigences de sa maternité… Cela pourra imprimer dans le cerveau de l’enfant : « Ne jamais lâcher les études ! » Si une femme tombe enceinte alors qu’elle a déjà un premier enfant et qu’elle était sur le point de divorcer, car elle ne supportait plus son mari, il se peut évidemment qu’elle songe à avorter. Si pour « x » raison, elle ne s’y résout pas et qu’elle vit sa grossesse dans un contexte de stress intense avec l’idée que cette deuxième grossesse est une vraie malédiction, et si, au bout du compte, c’est une fille dont elle accouche, cela peut imprimer pour elle : « Il ne faut jamais faire plus d’un enfant avec le même homme ! » Et en effet, cette fille s’ « arrangera » plus tard pour se confronter à la problématique de sa génitrice. Elle aura plusieurs enfants, mais jamais plus d’un avec le même homme, ayant plusieurs fois recours aux IVG pour ce faire, solutionnant par là-même la situation émotionnelle inachevée de sa mère et appliquant à la lettre le programme lié à son empreinte de naissance. Si une femme voit partir avec désespoir son amoureux pendant sa grossesse, il y a de grandes chances pour que l’enfant devienne particulièrement sensible aux séparations (entre autres choses, il pourrait ainsi souffrir d’eczéma ou du syndrome de Raynaud).

Autre exemple, dans la dimension biologique cette fois : un enfant naît avec un puissant strabisme. Son oeil droit est normal mais son oeil gauche part totalement à droite. En enquêtant, il apparaît très vite que sa mère à été confrontée durant son sixième mois de grossesse à un danger ressenti très intensément qui venait de la droite. Elle a subi un accident qui aurait pu être tragique. Une voiture venant de la droite ne s’est pas arrêtée au stop et lui est rentrée dedans. Le choc heureusement ne fut pas trop violent mais le stress, en revanche, le fut. Ces circonstances ont entraîné (par le ressenti de sa mère) chez l’enfant la croyance que le danger viendrait naturellement de la droite et l’adaptation biologique en conséquence : l’oeil gauche qui surveille sa droite. Je me permettrai d’ajouter ici que la prise de conscience par la mère des répercussions de son stress et le fait qu’elle l’expliqua à son enfant âgé d’un an et demi, permit d’éviter l’opération de son oeil (la prise de conscience suffit souvent à guérir les symptômes des enfants, il n’en va pas de même pour les adultes).

En résumé, le conflit psychologique des parents pendant la période du projet sens peut rester psychologique ou s’intensifier chez l’enfant à naître et devenir biologique dès la naissance ou à plus ou moins court terme.

J’ajouterai qu’en plus de savoir comment s’est déroulée la grossesse, il est également essentiel d’obtenir des informations précises sur le contexte entourant la naissance et l’expulsion car leurs empreintes sont extrêmement puissantes :

L’enfant est-il né avant-terme, après-terme ? Pour sortir l’enfant, a-t-on dû utiliser des forceps ou réaliser une césarienne (dans ce cas, l’enfant peut manifester des difficultés à mener à bien ses projets tout seul)? Expulsion rapide ou non ? Péridurale ? Mise au monde programmée ou pas ? Le travail d’accouchement a-t-il été douloureux et anormalement long (ce qui pourrait entraîner des difficultés scolaires par la suite)?

A titre d’exemple, lorsque des parents perdent un enfant à la naissance parce qu’il est venu trop longtemps après le terme et qu’il était trop gros ; cela peut imprimer pour les suivants un programme précis : « surtout ne pas dépasser le terme et ne pas prendre de poids », entraînant ainsi une forme d’anorexie ainsi que des peurs pathologiques d’être hors délai dans la vie de tous les jours ou professionnelle. C’est aussi l’histoire de tous les enfants hyperactifs. Il faut dans ce cas chercher en priorité les histoires de fausses couches préalables. La mère risque alors de vivre sa grossesse dans une grande peur de ne plus sentir bouger son enfant dans son ventre. En réponse biologique, l’enfant doit donc s’agiter en permanence pour la rassurer.

Durant la gestation, l’enfant est un vrai « buvard ». Il capte toutes les vibrations extérieures en positif et en négatif. Sur ce thème des conditionnements de départ, on peut ajouter les propos de Jean-Philippe Brébion dans son livre L’empreinte de naissance :

« Il est essentiel de savoir si un enfant a été désiré et/ou accueilli car cela imprime sur lui des tonalités bien différentes. S’il a été désiré, l’a-t-il été pour lui-même ? Pour remplacer un enfant ou un aïeul disparu ?  Pour offrir un compagnon de jeu à un enfant unique ? Etre conçu sous conditions (concernant le sexe de l’enfant par exemple) peut avoir des conséquences très lourdes pour l’enfant concerné. Etait-ce pour cimenter le couple ? Si un couple sur le point de se séparer donne malgré tout naissance à un enfant, celui-ci sera l’enfant-ciment. Si ses parents finissent par divorcer, il risque fort de perdre le sens de son existence car son « programme » était de faire le lien (il pourra déclencher des maladies ou entrer dans une phase de dépression) »...

En général, on peut dire que :
    
-Un enfant non désiré mais bien accueilli sera plus tourné vers le futur.
-Un enfant désiré mais non accueilli sera plus tourné vers le passé.
-Un enfant désiré et accueilli pourra vivre plus facilement le présent.
-Un enfant non désiré et non accueilli aura une grande difficulté à s’incarner.
 
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